« Est-ce que je peux emprunter au Costa Rica ? » C’est l’une des premières questions qu’on nous pose, et la réponse honnête tient en une phrase : oui, c’est possible, mais rarement aux conditions auxquelles un acheteur européen ou canadien est habitué. Voici les quatre voies réellement utilisées en 2026, avec leurs taux, leur apport et leurs délais — et celle qui est presque toujours la moins chère.
Le point de départ : un marché qui se paie surtout comptant
Au Costa Rica, la majorité des achats réalisés par des étrangers se règlent sans crédit local. Ce n’est pas un hasard : le système bancaire costaricien n’a pas été conçu pour financer des non-résidents, et ses conditions s’en ressentent. Le savoir avant de chercher évite beaucoup de déceptions. Cela ne veut pas dire qu’il faut disposer de toute la somme : plusieurs solutions existent, mais elles passent rarement par le guichet d’une banque locale.
Option 1 — Le crédit auprès d’une banque costaricienne
Plusieurs établissements prêtent à des étrangers, parmi lesquels BAC, Banco Promerica, le Banco de Costa Rica (BCR), Banco BCT ou Banco Lafise. Les conditions typiques en 2026 :
| Critère | Ordre de grandeur en 2026 |
|---|---|
| Taux en dollars | environ 7,5 à 10 %, pour un emprunteur résident ou ayant des revenus locaux |
| Part financée | 60 à 70 % de la valeur d’expertise au mieux |
| Apport | 30 à 50 % du prix ; le haut de la fourchette pour un non-résident |
| Durée | jusqu’à 20 à 25 ans selon l’établissement |
| Délai d’obtention | de six semaines à plusieurs mois |
| Frais liés au prêt | environ 3 à 4 % du montant emprunté au total, dont notamment : inscription de l’hypothèque (0,25 % plus timbres), honoraires du notaire (0,5 à 1,25 %), expertise (500 à 1 200 $) |
Les banques exigent en outre, en général, une assurance vie de l’emprunteur et une assurance du bien pendant toute la durée du prêt. Et un point que beaucoup découvrent trop tard : un bien situé en concession maritime n’est en principe pas finançable par une banque, puisqu’il ne s’agit pas d’une pleine propriété. Nous l’expliquons dans notre article sur la concession maritime et la propriété titrée.
Deux autres réalités à anticiper : la lourdeur du dossier — justificatifs de revenus traduits et souvent apostillés, historique bancaire, rapport de crédit — et le fait que tout devient nettement plus simple une fois résident, avec des revenus ou un historique au Costa Rica.
Option 2 — Le financement par le vendeur
Parmi les acheteurs étrangers qui ne paient pas comptant, c’est la voie la plus utilisée — et la moins connue en Europe. Le principe : le vendeur vous fait crédit. Vous versez un apport à la signature, puis des mensualités au vendeur ; sa garantie est une hypothèque inscrite à son profit au Registre National.
| Avantages | Points de vigilance |
|---|---|
| Pas de dossier bancaire | Apport élevé, souvent 30 à 50 % |
| Signature rapide, en une à deux semaines | Durée courte, souvent 3 à 5 ans, avec un solde important à la fin |
| Taux négocié, souvent de l’ordre de 7 à 9 % | Il faut pouvoir payer ou refinancer ce solde final à l’échéance |
| Se négocie en même temps que le prix, dans la même offre | La rédaction juridique doit être irréprochable |
Option 3 — Les prêteurs privés
Des financeurs privés prêtent vite — parfois en deux ou trois semaines —, mais cher : 10 à 15 %, sur des durées courtes de 2 à 5 ans, avec un apport de l’ordre de 50 %. C’est une solution de transition, pour saisir une occasion en attendant la vente d’un autre bien ou un financement moins coûteux. Pas une façon d’acheter durablement.
Option 4 — Financer depuis votre pays
Quand elle est possible, c’est la voie la plus économique. Trois formes courantes :
- Le crédit ou le refinancement sur un bien que vous possédez déjà chez vous, aux taux de votre pays, avec une garantie que votre banque connaît. Vous arrivez au Costa Rica en acheteur comptant — la meilleure position pour négocier.
- Le prêt adossé à un portefeuille financier, si vous avez des placements : certaines banques prêtent contre nantissement, sans vous obliger à vendre.
- La mobilisation d’une épargne existante. Le Costa Rica n’a pas de contrôle des changes : les fonds entrent et, le moment venu, ressortent librement. Nous l’expliquons dans notre article Rapatrier son argent du Costa Rica.
Les quatre voies, côte à côte
| Banque locale | Vendeur | Prêteur privé | Depuis votre pays | |
|---|---|---|---|---|
| Coût | 7,5 à 10 % | Négocié, souvent 7 à 9 % | 10 à 15 % | Généralement le plus bas |
| Apport | 30 à 50 % | 30 à 50 % | ≈ 50 % | Selon votre banque |
| Délai | 6 semaines à plusieurs mois | 1 à 2 semaines | 2 à 3 semaines | Selon votre banque |
| Durée | Jusqu’à 20-25 ans | 3 à 5 ans | 2 à 5 ans | Selon votre banque |
| Position pour négocier le prix | Moyenne | Faible | Moyenne | Forte (acheteur comptant) |
Questions fréquentes
Faut-il être résident pour emprunter au Costa Rica ?
Non, mais cela change beaucoup de choses. Les non-résidents obtiennent en général une part financée plus faible, doivent fournir davantage de justificatifs, et certaines banques réservent leurs meilleures conditions aux clients qui ont des revenus ou un historique dans le pays.
Peut-on financer un terrain ou une construction ?
C’est nettement plus difficile que pour une maison existante : les banques prêtent peu sur un terrain nu, et le crédit-construction pour un non-résident reste rare. Le financement par le vendeur ou l’apport depuis votre pays sont ici les voies réalistes. Si vous envisagez de faire construire, voyez notre guide Construire sa maison au Costa Rica.
Emprunter en dollars ou en colones ?
Si vos revenus sont en euros, en francs suisses ou en dollars canadiens, les deux vous exposent à un risque de change. Emprunter en colones ajoute un second risque, celui de la monnaie locale, qui s’est fortement appréciée depuis 2022. Pour un acheteur étranger, le dollar reste la référence du marché immobilier.
Le vendeur peut-il reprendre le bien si je ne paie pas ?
Oui, c’est précisément le rôle de l’hypothèque inscrite à son profit : en cas d’impayé, il peut en demander l’exécution. C’est pourquoi le calendrier, le solde final et la procédure en cas de retard doivent être négociés et écrits avant la signature.




